COURSE A PIED   2011 - Compétitions
 

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Trail vendredi 26 août 2011   
CHAMONIX (74) Ultra-Trail du Mont-Blanc 9° édition Acces Site Web
CCC - Courmayeur Champex Chamonix
10h00 98 km 5600 m Arrivants : 1591
Nom Prenom Temps Vit. Cat. Naiss Club
1 GAULT Emmanuel 10:10:25 9,63 SEM 1976 UZAC
2 CAMPBELL Adam 10:29:33 9,34 SEM ARC'TERYX/SALOMON Canada
3 KALOFYRIS Nikolaos 10:50:17 9,04 V1M SALOMON HELLAS TEAM Grece
201 DEROCHES Denis 15:23:26 6,37 SEM 1979 Non Licencié
UTMB - Ultra-Trail du Mont-Blanc
20h00 166 km 950 m Arrivants : 588
Nom Prenom Temps Vit. Cat. Naiss Club
1 JORNET BURGADA Kilian 20:36:43 8,05 SEM 1987 SALOMON Espagne
2 KARRERA ARANBURU Iker 20:45:30 8,00 SEM SALOMON SANTIVERY Espagne
3 CHAIGNEAU Sebastien 20:55:41 7,93 SEM 1972 THE NORTH FACE
TDS - Sur les Traces des Ducs de Savoie
00h00 109 km 7100 m Arrivants : 407
Nom Prenom Temps Vit. Cat. Naiss Club
1 BUSSIERE Franck 15:51:37 6,87 SEM 1975 TEAM ASICS
2 TRIVEL Lionel 16:12:32 6,72 V1M 1970 Running Conseil - Lafuma
3 TALOTTI Sebastien 16:20:54 6,67 SEM 1979 CHAMONIX MONT BLANC MARATHON

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Denis
 
 

Je me suis rendu à cet événement sans beaucoup de " pression " car j'ai hésité à y participer jusqu'à quelques jours du départ. Une fois sur place et dans l'ambiance une certaine appréhension a commencé à arriver face à la longueur de l'épreuve et aux conditions climatiques annoncées.

Niveau entraînement, j'ai pas mal couru après la 6000d mais sans rien de spécifique à la CCC : aucune sortie avec bâtons depuis un an, aucune sortie avec un camel bag à part la 6000d elle même en juillet dernier, et aucune rando course, ni sortie très longue ( 2h max une fois en août ). Je me suis entraîné comme d'habitude, c'est à dire en alternant footing cool et qualité, route et nature, mais jamais spécifiquement pour un trail long de cette ampleur.
Niveau matos j'avais quasiment déjà tout à part la veste imperméable type gore tex avec capuche que je me décide à acheter chez décat à J-2 de l'épreuve, et qui s 'avérera extrêmement utile cette année... Au niveau du parcours, à 30 minutes du départ, une fois dans le sas des " moins de 17h prévu " ( cette année le départ se fait en trois vagues pour cause de passages étroits dès les premiers km ), tous les concurrents reçoivent un sms sur leur portable obligatoire nous annonçant un parcours ramené de 98 à 93km et évitant plusieurs cols en raison des orges prévus. Je suis presque rassuré car le parcours s'annonce moins " raide " et vue ma préparation ca m'arrange...

De Courmayeur à Arnuva ( km 17 )

Après un bref passage dans la ville, on attaque la montée au refuge Bertone ( 800m+ en 4 km environ ). Je trouve le rythme très rapide et ne peut déjà suivre Frédéric Bulidon, affûté comme une lame de rasoir, avec qui j'étais parti les premiers hectomètres. Je sors assez vite les bâtons et trouve enfin ma place dans ce gigantesque peloton, sans trop d'idée sur ma position. On rejoint ensuite sur des passages beaucoup plus roulants le refuge Bonatti puis le premier gros ravitaillement à Arnuva, après une belle partie descendante dans laquelle je me retiens pour préserver les quadriceps...

De Arnuva à la Fouly (km32)

En sortant du ravito d'Arnuva, je suis 83ème, et le moral est bon. Je connais le parcours pour l'avoir fait en " accompagnateur " en 2009 et sait que le grand col Ferret qui nous attend maintenant n'est pas des plus simples, encore 800m+ en 4km. Je prends un gros coup de bambou en pleine montée et passe 129e au sommet... S'ensuit une longue descente dans laquelle je me refais une santé puis quelques passages assez roulants à nouveau jusqu'à la Fouly, km 32, deuxième ravito solide. Je m'y arrête 13 minutes pour prendre le temps de boire une soupe et manger un peu. J'aperçois à la table voisine Yann Curien attablé avec son accompagnateur Martin Reyt. Il a visiblement abandonné.

De la Fouly à Champex ( km 46 )

Repartir après presque un quart d'heure de pause est dur, mais je me souviens alors que c'est un passage assez facile en faux plat pendant 10km, avant de monter sur Champex par un sentier agréable en sous bois. J'apprécie beaucoup ce passage malgré un long moment de bitume. Victor m'appelle par hasard de son lieu de vacances et ne sait alors même pas que je suis en course, puisqu'il y a quelques jours encore je n'étais sûr de rien. Il me suivra ensuite sur le site de la course en live et m'appellera à plusieurs reprises pour m'encourager. J'arrive à Champex en appréciant toujours autant le parcours et sans me mettre dans le rouge à aucun moment. Jusque là tout va bien, ma position est stable, aux alentours de la 120e/130e place.

De Champex à Martigny ( km 60 )

C'est là que le parcours à été modifié. Personne ne sait trop ce qui nous attend. Moralement c'est dur, car même les bénévoles ne savent nous dire où nous en sommes précisément. L'arrivée sur Martigny et son ravito improvisé est longue et assez fastidieuse, même si le parcours est par endroits très sauvage , technique et escarpé, sur des entiers rocailleux. Je commence à sentir la lassitude et la fatigue arriver, et le temps me tarde de retrouver le parcours normalement prévu...

De Martigny à Trient ( km 67,5 )

Je repars de Martigny avec des jambes bien entamées et n'ai aucune idée de ce qui nous attend jusqu'à Trient. Un accompagnateur qui m'a l'air très au fait du parcours m'annonce alors que nous nous rendons au col de la Forclaz par 6km de chemins " type raid " et 1000m d+. Il me prévient : " courage, tu peux marcher cool dès le début, ils vous ont préparé un passage vraiment dur " …
Effectivement la montée est à la fois longue et rude, elle semble ne jamais finir, la nuit tombe et la pluie arrive simultanément, une autre course commence pour moi. Enfin au sommet après presque une heure et demie d'ascension et 30 places de perdues, nous descendons sur Trient par un chemin très pentu et piégeux. Je pense pouvoir terminer la descente sans frontale mais suis contraint de la sortir à quelques hectomètres du ravitaillement, au risque de tomber. Je stoppe 20 minutes au ravito le temps de me changer et de manger.

De Trient à Vallorcine ( km 77 )

Ce passage, modifié lui aussi à cause du temps, se compose principalement d'une longue mais douce montée sur bitume suivie d'une plus courte descente sur Vallorcine. Il commence à beaucoup pleuvoir, le vent se lève, et ce passage, sans être très dur , et usant car sans grand intérêt. Je le fais sans croiser presque aucun coureur, et arrive 146e au ravito de Vallorcine. A nouveau 20 minutes de pause et je repars, le plus dur semblant être derrière nous.

De Vallorcine à Argentière ( km 83,5 )

Ce passage est très roulant, les jambes reviennent et le moral aussi mais après quelques minutes, je prends une naussée terrible qui me cloue sur place. Ce genre d'état m'arrive souvent après les courses ou quand je cours trop tôt après avoir mangé, je le mets ici sur le compte de ce que j'ai ingurgité au ravito de Vallorcine. Ca peut durer des heures et ca va être hélàs le cas ici. Je ferai les trois dernières heures de course dans cet état, à la limite du vomissement, avec des brulures d'estomac. J'ai fait remplir ma poche à eau de boisson energétique mais n'en prendrai pas une goutte jusqu'à l'arrivée, soit 3h plus tard. Je ne mangerai rien non plus...
Je perds 40 places sur ce passage qui normalement me correspond plus avec un profil plus doux. J'ai aussi du mal à me réchauffer car la pluie bat son plein et le vent souffle vraiment fort par endroit. Malgré cela, je trouve un certain plaisir à courir dans la nuit sous ce déluge et nauséeux, je me dis alors que cette course est vraiment une aventure en soi...

D'argentière à l'arrivée

Au point d'eau d'Argentière, je me risque à boire une gorgée d'eau gazeuse et comprend que ce n'est pas une bonne idée, ca ne passe pas. Un bénévole nous annonce 7 ou 8 km jusqu'à l'arrivée, et nous dit que c'est " facile " jusqu'à Chamonix. Je mettrai en fait plus d'une heure trente sur ce passage d'environ 11km en réalité ( en référence aux mesures GPS de bcp de coureurs) et très technique : caillasses, racines, flaques, devers. Je perds quelques places mais arrive à limiter les dégâts , grâce aux descentes, malgré la naussée qui ne faiblit pas.
Enfin Chamonix by night se profile, mais que c'est long d'y arriver, j'ai même peur qu'on en fasse le tour complet tellement l'approche me parait longue. La vision des premiers lampadaires est une délivrance, on y est ! Un km dans la ville, on arrive dans le centre que je traverse en trottinant sans me soucier des deux coureurs qui me dépassent en quasi sprint à quelques longueurs de la ligne ( si j'avais su, j'aurai essayé de conserver ma 199e place ! ) et je passe la ligne un peu ému mais surtout vidé.
Je m'assoie dans une tente ravito et ne peut bouger pendant presque 30 minutes faute aux nausées qui n'en finissent pas. Heureusement qu'une âme charitable, en la personne du très en forme Frédéric B., prend pitié de ma personne et me prend en main pour me remettre sur pieds !

Pour conclure, je ressors vraiment séduit par cette aventure même si quelques heures après l'arrivée je me jurais encore de ne plus jamais faire de course aussi longue. Une fois douché et ragaillardi par les repas d'après course, l'envie de participer à nouveau à ce genre d'épreuve est revenue. Il faudra certes que je m'entraine davantage en conséquence. L'ambiance tout le weekend à Chamonix vaut vraiment le coup, ainsi que sur tout le parcours où les spectateurs nous encouragent sans cesse, improvisant même des ravitos à leur frais devant chez eux. Nul doute que j'aurai envie de participer à la fête une nouvelle fois.